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Faut-il faire la distinction entre SAVOIR et CONNAISSANCE ?

 
 
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Faut-il faire la distinction entre SAVOIR et CONNAISSANCE ?
par System Administrator, lundi 11 avril 2016, 17:51
 

Faut-il faire la distinction entre SAVOIR et CONNAISSANCE ?
Guy HORVATH

Guy HORVATH

Formateur senior chez Formateur indépendant

Faut-il faire la distinction entre SAVOIR et CONNAISSANCE ?

Faut-il faire la distinction entre SAVOIR et CONNAISSANCE ?

Guy Horvath le 21 mars 2016

                On comprend bien la nécessité dans une discipline de recherche, en l’occurrence la Didactique, de définir chacun des termes utilisés. Ce n’est pourtant pas le sens de la question posée dans le titre de cet article : je vais essayer de défendre l’idée qu’il est utile, et même important, pour tout formateur praticien de bien distinguer savoir et connaissance, car cela engage la possibilité de choisir le type de modèle de formation.

                Tout d’abord, examinons un exemple : l’écriture manuscrite. Passons sur les rôles bien admis de l’écriture dans la communication, dans la préservation et dans la transmission du savoir. L’écriture manuscrite, écrire des lettres, des mots et des phrases est un savoir (ou un savoir-faire, en simplifiant) fondamental enseigné à l’école. La plupart d’entre nous savent écrire avec un stylo. Je ne parle pas de l’écriture avec un clavier, c’est une autre histoire…  Intéressons-nous à la forme manuscrite d’un texte. C’est un « objet » complètement personnel qui peut s’identifier, dans la forme, à son auteur. Il n’existe probablement pas deux personnes ayant strictement la même écriture manuscrite. Pour simplifier, on pourra dire que cette écriture manuscrite personnelle est une connaissanceconstruite à partir du savoir (écrire) qu’on nous a enseigné.

                Cet exemple, volontairement schématisé, montre bien comment pour le même savoir commun, chacun se construit une connaissance qui lui est strictement personnelle. Il en est de même avec tous les savoirs. Chacun d’eux trouve une forme particulière adaptée à la personne qui l’héberge que l’on peut nommer connaissance. Chacune de nos connaissances est aussi personnelle que l’est notre écriture manuscrite. La métamorphose entre savoir etconnaissance se fait au moment de l’apprentissage. Là, interviennent des facteurs extérieurs au savoir enseigné. Dans de prochains articles, on pourra parler s’intéresser à ces facteurs favorisant l’appropriation d’un savoir sous la forme d’une connaissance.

                Revenons à l’affirmation du début de cet article concernant l’importance de bien distinguer savoir et connaissance et de sa nécessité pour aider au choix, conscient ou non, que tout formateur fait pour un modèle de formation. Je m’explique.

                Si l’on considère que l’on transmet du savoir et si on pense que cesavoir va se retrouver inchangé dans la « tête » de la personne que l’on forme, alors on a fait le choix d’un modèle de formation où la prise en compte de ce qu’est la personne formée est secondaire. Dans ce cas, on peut même considérer qu’un objectif de la formation est que l’objet de savoir enseigné soit strictement identique chez les personnes formées.

                Au contraire, si on accepte l’idée que chaque personne formée va construire ses connaissances personnelles à partir du savoir enseigné, on est dans un autre modèle de formation.

                On voit bien que la distinction entre savoir et connaissance est cruciale dans la liberté qu’a un formateur de choisir son modèle de formation.

 

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